Description
Située sur les versants occidentaux du mont Liban, la réserve naturelle de Horsh Ehden est l’un des sites les plus riches en biodiversité du pays. Elle abrite plus de 1 000 espèces végétales, dont Cedrus libani, Abies cilicica et Juniperus excelsa. Le relief escarpé de la réserve, s’échelonnant entre 1 200 et 2 200 mètres d’altitude, comprend une grande diversité d’habitats offrant un refuge à une flore et une faune endémiques. Toutefois, ces écosystèmes sont confrontés à des menaces croissantes liées au changement climatique, à la raréfaction de l’eau, à la dégradation des habitats et aux incendies de forêt. Les sources et les cours d’eau — principales ressources en eau douce tant pour la faune que pour les communautés environnantes — ont été affectés par l’érosion, la pollution et la surexploitation, tandis que la végétation indigène continue de décliner sous l’effet des sécheresses et des espèces invasives.
À travers ce projet, l’équipe de gestion de la réserve naturelle de Horsh Ehden vise à restaurer les écosystèmes d’eau douce, à renforcer la sécurité hydrique et à accroître la résilience écologique grâce à une approche intégrée combinant la réhabilitation hydrologique, le reboisement, la prévention des incendies et la participation des communautés locales.
Le projet permettra la réhabilitation de quatre sources naturelles et d’un lac artificiel, améliorant la qualité de l’eau, le débit et la capacité de stockage. Autour de ces ressources hydriques, 12 hectares feront l’objet d’un reboisement avec 6 000 arbres et arbustes indigènes, en privilégiant des espèces résistantes à la sécheresse telles que Cedrus libani et Quercus kotschyana. Afin de faire face à l’augmentation des périodes de sécheresse, trois nouveaux bassins d’eau seront construits dans les zones tampons pour fournir une ressource essentielle à la faune durant les saisons sèches.
Compte tenu du risque croissant d’incendies de forêt dans la région, le projet mettra en place des pare-feux sur 50 hectares, installera un système d’approvisionnement en eau pour la lutte contre les incendies relié au lac Yahmoura et formera 20 intervenants locaux à la gestion des feux. Parallèlement, la mobilisation des communautés sera au cœur du projet : plus de 300 habitants participeront à cinq ateliers consacrés à la conservation de l’eau, aux pratiques durables d’utilisation des terres et à l’entretien des sources.
Enfin, un plan d’affaires sera élaboré afin de renforcer la durabilité financière de la réserve, grâce au développement de nouvelles activités d’écotourisme et d’éducation à l’environnement, qui devraient générer au moins 10 000 € par an. Cette approche garantit que les résultats de la restauration soient non seulement écologiques, mais aussi durables sur les plans social et économique, assurant ainsi la conservation à long terme de l’une des réserves naturelles les plus emblématiques du Liban.
